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12 juin 2006

6 de Sonny

Une des figures emblématiques du Be Bop ou jazz traditionnel, Sonny Rollins a enregistré un paquet d’albums. Pour ma part, j’en ai 6 : des classiques, Tenor Madness et Saxophone Colossus, des rencontres avec Sonny Side up et Sonny Meets Hawk, une bande son nommée Alfie et un enregistrement pour Blue Note dont on parle moins souvent, Newk’s time. L’idée d’en faire la revue m’est venue après un clin d’oeil à un article de Belette sur le concert de Sonny Rollins à l’Olympia. Tamara, qui se bat chaque jour pour remettre un peu de rock dans la chaîne Hi-Fi, s’est alors mise à me demander à chaque nouveau disque dans la platine si nous écoutions Sonny Rollins. J’ai pensé que le mieux serait encore de l’écrire sur mobjazz. De cette manière, vous non plus n’aurez plus jamais à vous soucier de confondre Sonny Rollins avec Charlie Parker, Coleman Hawkins, Duke Ellington (si si) ou plus exotique Nicolas Genest. Suivez le guide et attention à la tête, les plafonds sont bas et datent du 20e siècle.

Saxophone Colossus - Le classique indispensable et l’un de ses albums comprenant le plus de compositions originales. Percus et caraïbes avec St Thomas, ballades chaloupées avec You don’t know what love is et Moritat, intrigue policière avec l’indispensable Blue Seven qui développe avec l’arrivée de chaque nouvel instrument une ambiance de meurtres en noir et blanc. Ecouter ce morceau en lisant la bande dessinée Blacksad ou l'excellent polar futuriste Hollywood blues, effets garantis. Que dire de plus, c’est l’album pour découvrir Sonny Rollins, du be bop typique, parfait pour passer une soirée entre amis devant un feu de cheminée.

Tenor Madness - Eh bien finalement, en le ré-écoutant pour écrire cet article, je m’aperçois qu’il ne s’agit pas de mon album préféré. Attention, on parle de bon jazz classique, pas dépaysant mais bien emmené avec moults solos et que du beau monde : John Coltrane sax, Red Garland piano, Paul Chambers basse et Philly Joe Jones batterie. Je m’étonne même de ne pas accrocher plus. Tenor Madness est souvent recommandé « si vous avez aimé » Saxophone Colossus. A écouter pour vous faire votre propre idée : My Reverie, The most beautiful girl in the world.

Sonny Meets Hawk - Sonny Rollins et Coleman Hawkins, le second étant une des deux principales inspirations du premier avec Charlie Parker. Et il y a de la magie dans cette rencontre. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les saxophones tremblotants (sous l’émotion ?) sur Yesterdays. Album de reprises et quelles reprises : un All the things you are irrésistible et un Summertime comme nul autre. J’avoue être incapable de distinguer Sonny de Hawks lors de leur solo respectifs mais ils sont également mélodieux, inventifs, vivants, une histoire et un dialogue à la fois. Pour l’anecdote, Bob Cranshaw qui accompagnait Sonny Rollins à l’Olympia est déjà là, alternant avec Henry Grimes sur 3 des 6 titres.

Sonny Side Up - Sonny Rollins et Sonny Stitt. On the sunny side of the street, le premier titre de cet album justifie à lui seul son acquisition : original, décalé, mélodieux, entêtant, varié, joyeux. Forcément, la flopée de solos qui s’en suivent (Dizzy Gillespie en plein forme) transpire d’inspiration. Les 3 autres titres sont de bonne facture avec notamment un blues de chez blues : After hours. Un album court, 35 minutes, qui peut donc s’écouter même lorsque l’on a pas tellement le temps ou la tête à se concentrer.

Alfie, c’est une superbe bande son d’un polar anglais avec Michael Caine. Contrairement au film qui a, je trouve, assez mal vieilli, Alfie’s theme est un classique du jazz arrangé, ce que je ne savais pas jusqu'à ce jour, par Oliver Nelson à qui l'on doit un album à écouter et ré-écouter d'urgence The blues and the abstract truth (vous pouvez me prendre au mot sur celui-là, il n'a jamais déçu personne). La blague, c’est que, à une époque où je m’y connaissais encore moins que maintenant, je l’avais rangé tranquillement avec d’autres bandes-originales de films. Logique sauf que j’ai mis un temps fou à faire le rapprochement entre le Sonny Rollins de la B.O. jazz et le Sonny Rollins de jazz tout court. C’est pas facile tous les jours. D’autant plus qu’Alfie est plus un album de jazz qu’une partition venant souligner les moments forts du film mais qui s’en plaindra lorsque le film inspire au sax des thèmes comme He’s younger than you are et Street Runner with child.

Newk’s time - Un bon album de be bop classique (un classique, un morceau up tempo, un blues, une ballade, etc.) plutôt accessible et entraînant par un des maîtres du sax. Les thèmes Asiatic Raes et Wonderful Wonderful! viennet un peu renouveler le genre, même s’il s’agit de reprises. Mieux que Tenor Madness, Newk’s time fait parti de ces enregistrements que vous recommandez à quelqu’un qui aurait écouté ou Saxophone Colossus et qui en redemanderait. Oups, mais c’est moi ça ! Mention spéciale pour Namely you, pour son langoureux solo et le drive (le rythme au groove solide comme du béton si vous préférez) de Doug Watkins à la basse et Philly Joe Jones à la batterie. Hautement recommandable.

mjazz

Discographie sélective réduite aux 6 albums du salon
Saxophone Colossus
Tenor Madness

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