Le complexe du coupe-ongles
Le Soriba Kouyate Quartet se produisait ce jeudi 25 mai au Sunset pour un concert à la rencontre du jazz et de la kora, instrument au son cristallin comme une harpe de tradition mandingue (Afrique de l’ouest pour simplifier). Et le coupe-ongles dans tout ça ? Le batteur Sega Seck en cherchait un au début du concert. Si vous voulez mon avis (sinon, il est temps d’arrêter ici votre lecture pour vous orienter vers d’autres horizons comme le passionant site du Syndicat des Professionnels Canins et Félins), ce garçon savait que, quelle qu’en soit la mystérieuse raison, la sauce ne prendrait pas complètement sans coupe-ongles.
Le show s’ouvre sur une séance découverte de la kora avec Soriba Kouyate seul en piste avec son instrument. Au cours de ces 2 morceaux, j’ai pu vérifier que les sièges de cette salle, le Sunset, sont bien plus confortables que les abominables sièges de torture du Sunside testés lors du concert de Stefano Bollani (CHANGEZ-LES).
La suite du concert, quartet au complet, oscille entre les styles jazz rock et jazz funk. Comparé à ce que j’avais entendu sur album, le groupe se donne plus de liberté pour improviser (un privilège de la kora et du clavier cependant) et le concert n’est pas loin de décoller lors d’un morceaux fortement emprunt de l’esprit des Headhunters (Herbie, si tu nous entend).
Quelques reprises de bon goût comme Ain’t No Sunshine de Bill Withers. Malgré tout ça, il nous a manqué une pincée de magie pour vraiment apprécier la musique. Et si j’étais moins poliment polissé, je dirais que c’était un peu mou du genoux et après tout pourquoi pas, on ne peut pas être bon à tous les coups. Le dernier métro approchant, nous nous éclipsâmes avant la fin du concert, pour la deuxième fois cette semaine et la troisième fois de ma vie (la première fois, c’était pour me rendre aux urgences, le groupe était très bien !). J’ai un peu honte quand même, je ne le referrais plus, promis.
Reste les excellents conseils du barman qui m’avait si bien aiguillé sur Blue breakbeats de Donald Byrd. Il s’agit cette fois de Continuo, dernier disque du bassiste israélien Avishai Cohen paru chez Nocturne. Acheté le lendemain les yeux fermés, il s’écoute avec délectation les oreilles grandes ouvertes.
Moralité : lorsque vous allez à des concerts, penez aux musiciens et amenez votre coupe-ongles.
mjazz
Albums de kora et autres plaisirs musicaux très recommandables
Toumani Diabete, New ancient strings
Kora jazz trio, vol. 2
Bill Withers, Greatest hits
Avishai Cohen, Continuo
Les musiciens
Soriba Kouyate, kora
Thierry M’Vie, claviers
Stéphane Barbad, basse
Sega Seck, batterie / drums


1 Comments:
I agree : c'était bien mais sans l'histoire du coupe-ongles, je ne me rappelerais plus avoir assisté à ce concert !
Par
tamara, at 12/6/06
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